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en 982 : "Villa Madazano" ; en 1302 : "Maazano". L'église
était un ancien prieuré relevant de la mense de Carpentras.
Co-seigneurie divisée en deux parties : l'une aux Retronchin,
puis aux Sade, l'autre aux d'Astouaud puis aux Vincens.
En 1562 le bourg fut pillé par le baron des Adrets. En 1580,
Philippe Saignet d'Astouaud ayant été accusé de complicité
dans le meurtre d'un Grimaldi, la tour de son château fut
rasée par ordre du Parlement. Epidémies de peste en 1588-1589
et en 1629. Fin 18ème, premier festival de Provence : représentations
théâtrales de pièces du marquis de Sade en son château.
Patrie du sculpteur Jacques Bernus (1650-1728) et d'Alexis
Peyrotte, peintre du roi (1699-1769).


Dès la période néolithique, on note une occupation
humaine par la présence de haches de pierre polie,
des poteries en céramiques. On retrouve également
sur les collines des habitats dispersés, mais fréquents. Présence
paléolithique et néolithique dans les grottes des gorges de
la Nesque et d'Unang toutes proches.
(50 av J.C - VIe siècle)
A
la conquête romaine (50 av. J.C.), Mazan fait partie du territoire
des Mémini dont la capitale est Carpentoracte (Carpentras).
Dès le 1° siècle de grands domaines gallo-romains apparaissent.
Notre terroir se dessine sur le grand cadastre romain de la
colonie d’Orange, trouvé en 1950 et l’on peut encore voir
les traces de la centuriation (carrés de 710 m de côté, soit
environ 50 ha) dans la campagne, entre les chemins. Deux voies
romaines secondaires, le chemin Mercadier au Nord et le chemin
de Banaï au Sud parcourent le pays avant de monter dans
les Alpes. D’importantes villae (fermes) habitées du 1° siècle
au V° furent découvertes ça et là aux quartiers de Saint-Andéol,
de Jusalem, de Saint-Mirat, etc... où l’on découvrit des fûts
de colonnes, du marbre, des poteries, des autels votifs, des
cippes et la très importante nécropole de Saint-Andéol fouillée
depuis 1936 par Jean et Guy Barruol, archéologues.
Puis
ce sont les 66 sarcophages gallo-romain des V° et VI°
siècle groupés autour du cimetière actuel, comme une acropole,
qui témoignent de l’importance de ce vicus (village) et de
sa vie religieuse. D’ailleurs le nom de “Mazan” (première
mention écrite “Madazanum” en 982) proviendrait du nom d’un
grand domaine d’un gentilice (noble) romain, nommé “Matacius”.
Ne dit-on pas que Saint-Andéol, vint d’Orient évangéliser
le premier, cette région du Comtat au II° siècle, y resta
environ vingt ans et peut-être vécu à Mazan ! En 1998, on
découvrit trois fours de potier fonctionnant de l’an - 40
av. J.C. à + 50 de notre ère. L’on y fabriqua des têtes de
chevaux et de chiens en argile, à but cultuel, et des plaques
de parements de type Campana, destinées à orner les temples,
découverte unique en France. Puis c’est enfin une amphore
vinaire de type italique Dressel de - 40 av. J.C. qui permet
aux archéologues de conclure que nous étions en présence de
la preuve du plus vieux vignoble celto-ligure ou gallo-romain
(après Massilia/Marseille), vin que l’on exportait donc à
cette période là.
Vestiges
gallo-romains importants à l'emplacement des grands domaines
: Saint-Andéol, Jusalem, Les Molances, La Condamine.
Nécropole du Ier au IVème siècles au vicus de Saint-Andéol.
Monnaies, céramiques, autels. Four de potier de 40 avant J.C.
(VIIe siècle - XVIe siècle)
Pendant
les invasions des barbares, la région se dépeuple. Mais au
VIII° siècle elle est englobée dans l’Empire de Charlemagne
“l’Emperi”. Le pays est administré par des comtes et des évêques
: c’est aussi le royaume de Provence ou d’Arles. Dès 1125
la région appartient au Comte de Toulouse. Le village
est doté d’un prieuré Saint-Andéol à son sommet (l’église
paroissiale actuelle) tandis que N.D. du Puy (actuellement
N.D. de Pareloup) était jusqu’en 1324 l’église paroissiale.
Le Comte de Toulouse, Raymond VI donne en 1248, en fief à
son fidèle chancelier pendant vingt ans, Pons Astoaud,
la co-seigneurie du castrum (village fortifié) de Mazan. Mais
après avoir été excommunié par l’Eglise pour avoir soutenu
les Cathares, le Comte de Toulouse, Raymond VII, doit donner
le Comtat qui devient terre papale en 1274.
Les
d’Astoaud la garderont jusqu’au XV° siècle. Au XIV°, une autre
famille, les Retronchin, aura la co-seigneurie de Mazan
pendant un siècle. Puis pendant deux ans le Cardinal Della
Rovère la rachètera pour deux ans ; Il deviendra dix ans
plus tard en 1505, le grand Pape Jules II, protecteur des
arts. En 1498 une autre famille, Astoaud/Causans hérite
d’une partie de la co-seigneurie et la gardera jusqu’à la
Révolution. Au XVI°, Mazan est plusieurs fois assiégé et pillé
par les bandes protestantes du Baron des Adrets et du seigneur
de Montbrun.
(XVIIe
siècle - XIXe siècle)
Pendant
200 ans, au XVII° et XVIII° siècle Mazan est en paix, c’est
un village riche, mais les pestes, les famines, les mauvaises
récoltes tendent à agiter la population.
C’est
vers 1725 que naîtra le célèbre Càrri de Mazan (le
char) : Journée des Revendications accordée au Peuple par
les deux co-seigneurs et qui se perpétuera encore tous les
vingt ans ; Le dernier Càrri, formidable fête, eut lieu en
l’an 2000, 40000 personnes y assistèrent. Avant la Révolution
la richesse agricole de Mazan fut réalisée par les céréales,
les cerises, les oliviers, les vers à soie, la garance, le
chanvre et la vigne.
1789,
la Révolution n’épargne pas Mazan : les familles nobles émigrent,
le peuple est tyrannisé par les révolutionnaires. Le village
aura plusieurs municipalités : républicaine, révolutionnaire,
papiste et royaliste. Les églises sont fermées, vendues, profanées,
les prêtres sont pourchassés, et disent la messe en cachette
au péril de leur vie, le Culte abolit, les moines Récollets
expulsés. L’Empire mettra fin à cette tragédie, très mal vécue
par les populations ! En 1801 Napoléon rétablit le Culte,
les mazanais très pratiquants, se ruent sur les sacrements
interdits. Le moral revient, l’agriculture se développe sous
le second Empire, malgré la décadence de la sériculture, la
concurrence des couleurs chimiques face à la garance et en
1880 le phylloxera ravage les vignes. On replante avec de
nouveaux plants, et la vigne se met à rapporter gros, la culture
s’étend. Depuis
quelques années, comme Carpentras, notre village a reçu le
label “Pays
d’Art et d’Histoire” bien mérité.


Le grand
sculpteur Jacques Bernus (1650-1728) réalisa de magnifiques
anges, tombeaux et statues pour les églises de la région,
décora les cathédrales de Carpentras et Cavaillon.
Alexis Peyrotte (1699-1769) peintre né à Mazan fut
peintre du Roi et ornemaniste renommé de la région parisienne.
Jacques, François, Paul de Sade (1705-1778) né à Mazan,
oncle du suivant, fut l’abbé de Sade écrivain renommé et poète
auteur des Mémoires pour la vie de Pétrarque, il habitat son
château de Saumane. Donatien Aldonse François, plus
connu sous le nom de Marquis de Sade (1740-1814). Il
préféra habiter surtout le château de Lacoste, mais réalisa
dans son théâtre du très beau château de Mazan, (XVIII° siècle,
maintenant Hôtel-restaurant), le premier festival de théâtre
(assez honnête) de Provence, avec une troupe de Marseille.

- Mazan Au Temps Des Astoaud, Retronchin, Sade: Du XIIIe
Au XVIe Siecle
de T. Benoist-Dartigues
Éditeur : Editions Alain Barthelemy (1 octobre 2001), Collection
: Collection "Territoires"
Format : Reliure inconnue - 213 pages
ISBN: 2-87923-028-4 / 2879230284
Prix:
24.40 EUROS
- Mazan
- L'album du village
de Camille Tiran
Éditeur : Editions Alain Barthelemy (1 octobre 2001)
Format : Reliure inconnue - 82 pages
ISBN : 287923042X -
Prix: 18.30 EUROS
- Mazan,
histoire et vie quotidienne d'un village comtadin
de Pierre Fayot et Camille Tiran
Éditeur : Le nombre d'or - 24 avenue Clémenceau, Carpentras
(1978).
Vous trouverez
également des paragraphes sur le Carri de Mazan dans:
- Guide
de la Provence mystérieuse
galerie du mystère 1966 (pages 201-202) - Presse Pocket -
116, rue du Bac, Paris.
- Dictionnaire des communes : Vaucluse
de Robert Bailly - 1961 (pages 243-244) - Jean-Yves Baud éditeur,
Avignon.